| Le caractère
illégitime de cette inflation doit être
souligné.
Rappelons que les listes judiciaires d’experts
comportent différentes nomenclatures selon
les spécialités et que les experts
sont nommés par le Juge dans leur spécialité.
Inscrits depuis de nombreuses années sur
ces listes et pour certains depuis près
de 20 ans, on peut légitimement penser
qu’ils connaissent bien le type de dossiers
dont ils sont saisis de manière récurrente
.
On peut même ajouter que leur travail est
largement facilité par l’existence
du Barème indicatif d’évaluation
des taux d’incapacité en droit commun
dit « barème
du concours médical »
barème mis au point par les assureurs qui
dans certains cas, permet même à
un non médecin ayant une certaine expérience
du dommage corporel de quantifier l’ensemble
des préjudices de la victime.
On recherchera donc en vain pour la très
grande majorité des dossiers où
se trouve la complexité justifiant les
prétentions de certains experts.
Des prétentions pécuniaires
socialement inacceptables.
Il est anormal que des experts en cette matière
de la réparation du dommage corporel des
accidentés de la route se permettent avant
tout examen de réclamer des provisions
de 1.300 à 1.600 € pour un rapport
que leurs confrères médecins conseils
d’assureurs rédigent pour un honoraire
de 200 à 300 € selon les compagnies
d’assurance.
Qu’en sera-t-il lorsque le Tribunal ordonnera
la désignation d’un collège
de trois experts. La victime pour avoir droit
à l’indemnisation de ses préjudices
devra-t-elle alors débourser 4.800 €
!!.
C’est oublier que le salaire mensuel moyen
en France est inférieur à 1.300
€ .
N’oublions pas que jusqu’à
présent les experts assuraient leurs missions
pour un honoraire correspondant peu ou prou au
montant de la provision fixée par le Juge
de l’ordre de 600 à 800 €.
Si une juste et équitable rémunération
est bien légitime avec revalorisations
périodiques, il est anormal que les honoraires
soient doublés voir triplés du jour
au lendemain alors que le taux de l’inflation
en France ces dernières années,
tout comme l’augmentation des salaires n’a
pas dépassé 2,5 %.
L’absence de tarification des honoraires
des techniciens laisse la porte ouverte à
tous les abus puisqu’il suffit simplement
à ces techniciens de faire état
de la « complexité » du dossier
pour que le service du contrôle des expertises
rende automatiquement une ordonnance de consignation
complémentaire faisant intégralement
droit à leurs demandes de provisions complémentaires. |